29 octobre 2026
> il faut revoir les objectifs et les effectifs de l’enseignement supérieur : passer du bac pour tous à la maîtrise pour tous n’est pas la direction à suivre : à quoi sert et combien coûte un enseignement de niveau Bac+5, pour exercer in fine des métiers de contrôleurs, rédacteurs et techniciens, ou pire, pour travailler dans d’autres métiers, tout aussi respectables, mais nécessitant des qualifications inférieures ?
Les effectifs pléthoriques actuels en première année de l’enseignement supérieur (un million d’étudiants en trop) sont la conséquence d’un échec de l’orientation professionnelle entre la classe de troisième et celle de terminale.

> en effet, les besoins 2026 du marché du travail sont les suivants :
. 305 800 cadres pour le secteur privé et le secteur para-public (source APEC)
. 100 000 ingénieurs (dont 40 000 diplômés actuels et un besoin estimé à environ 60 000 diplômés supplémentaires)
. 80 100 emplois publics de catégorie A, dont Etat : 26 600 sur concours et 6 000 contractuels, Collectivités locales : 4 500 sur concours et 8 000 contractuels, Fonction publique hospitalière hors médecins : 35 000
. 30 000 médecins (10 600 diplômés actuels et un besoin estimé à environ 20 000 diplômés supplémentaires)
. 46 000 infirmiers du privé (26 000 diplômés actuels et un besoin estimé à environ 20 000 diplômés supplémentaires)
Total = 561 900, arrondi à 600 000 cadres à recruter par an.

> dans le même temps, la plateforme Parcoursup regroupe 1 million de candidatures et le nombre total d’étudiants en première année post-bac s’élève à 1,692 millions.

> par conséquent, plus de 60 % des étudiants de première année de l’enseignement supérieur n’exerceront pas de véritables fonctions supérieures (1 692 000 – 600 000 = 1 092 000 et 1 092 000 / 1 692 000 = 64,53 % du total).

> il faut donc s’atteler à une réforme profonde et ne pas se limiter à retoucher le coûteux et redondant dispositif Parcoursup dont la mise en oeuvre initiale est chiffrée à 20 millions d’euros pour une charge de travail annuelle estimée à environ 2,6 millions d’heures par an (l’équivalent de près de 2 000 enseignants à temps plein !) représentant un coût d’environ 100 millions d’euros par an.

> nous avons en effet un outil d’orientation et de sélection beaucoup plus adapté : le Bac et les notes obtenues au Bac, si l’on inverse le principe de la recherche : c’est aux écoles supérieures et aux universités à chercher des candidats pour suivre leurs cursus, dans la limite des besoins prévisionnels révalués annuellement par le ministère de l’Education.
Ainsi, il devient possible de réserver l’accès aux études supérieures à 600 000 étudiants par an (à titre de comparaison, 437 285 bacheliers ont décroché une mention au Bac en 2026).

> ces chiffres sont bien évidemment théoriques et il conviendrait de procéder de manière progressive en étalant la réduction des effectifs sur 3 à 5 années. Parallèlement, certains besoins d’emplois demandent à être revus, notamment dans les Fonctions publiques : les postes de cadres doivent être limités aux postes comportant une autonomie décisionnelle. En milieu hospitalier, le nombre de cadres administratifs et techniques peut là aussi être réduit drastiquement à la suite de simplifications organisationnelles. Pour la profession d’infirmier, il convient de réserver le statut de cadre à des postes spécialisés de haut niveau (infirmiers urgentistes, infirmiers en réanimation…etc).

L’objectif est essentiel : il faut réduire le nombre d’étudiants et privilégier les études courtes et techniques avant Bac, pour redonner du sens au système éducatif à travers des formations davantage en adéquation avec le marché du travail, d’autant que des engagements plus précoces dans la vie active soulageraient les parents d’une charge financière et contribueraient au financement des régimes de retraite.